La course à la Maison-Blanche oppose bien sûr démocrates et républicains américains… mais pas tout de suite. Les candidats s’affrontent d’abord dans leur propre camp, afin que l’un d’entre eux obtienne l’adoubement officiel du parti et des militants. C’est l’étape des “primaires” et des “caucus” qui permettent d’abord de désigner des “délégués”. Et un fossé plus large qu’on ne le croit sépare ces deux processus… Mode d’emploi de ce premier round!
Primaires
Les primaires permettent aux Américains inscrits sur les listes d’un parti de voter pour le candidat de leur choix ou pour des délégués qui se sont engagés à soutenir ce candidat présidentiel, directement au niveau de leur Etat. C’est ce qui se produit le 8 janvier, dans le New Hampshire, dans les deux camps.
Quant au résultat qui sort d’une primaire dans un Etat, il peut varier, selon que les délégués sont désignés de façon proportionnelle au vote ou non. Dans certains Etats, existe la formule “Winner-take-all” : le candidat qui remporte une majorité même relative de soutiens dans une primaire remporte tous les délégués de cet Etat qui se rendront à la “convention” nationale du parti, fin août ou début septembre, afin d’adouber officiellement le candidat. C’est le cas en Virginie ou dans le Missouri, côté républicain,
Caucus
Les caucus, qui tiennent leur nom d’une réunion de chefs tribaux chez les Indiens Algonquins, représentent eux un exercice de démocratie d’une complexité qui déroute nombre d’observateurs.
Les citoyens, appelés à venir en famille, et préalablement inscrits sur une liste, se réunissent localement à huis clos. Ils se divisent en plusieurs groupes selon le candidat qu’ils soutiennent : si l’un des groupes n’atteint pas une taille minimale (déterminée en fonction du nombre total de participants), il se dissout et ses membres doivent se reporter dans les autres groupes.
Au bout d’une à deux heures, il peut rester ainsi deux ou trois groupes de soutien : selon leur taille, un nombre proportionnel de délégués leur sera accordé au niveau du comté pour défendre les couleurs de leur candidat préféré… au niveau supérieur, la circonscription. Et ainsi de suite jusqu’au niveau de l’Etat, dont le poids, encore une fois, varie. C’est ce qui se produit le 3 janvier, dans l’Iowa, dans les deux camps.
Ce système, de moins en moins répandu, est complexe : Barack Obama, l’un des favoris démocrates l’a bien compris et propose une vidéo pour les citoyens de l’Iowa. Une vidéo qui mêle forcément un peu de militantisme aux explications, mais qui garde un intérêt pédagogique, du moins pour les démocrates puisque le mode d’emploi républicain est sensiblement différent.
Subtilités
Quelques subtilités supplémentaires sont à noter… Les primaires peuvent être fermées (un militant démocrate participe aux primaires démocrates), ouvertes (un militant peut participer aux primaires démocrates et républicaines), ou semi-ouvertes (un militant peut participer chez les républicains ou les démocrates… mais ne peut participer qu’une fois). Quant aux caucus, les participants peuvent s’incrire sur la liste du parti au dernier moment et participer sans distinction au caucus d’un camp ou d’un autre, à condition de ne voter qu’une fois.