Je me souviens des précédentes campagnes présidentielles. Soporifiques à souhait avec leurs spots, vous savez, ceux qui passaient avant ou après le 20h. “Françaises, Français,…” ou “Travailleuses, Travailleurs,…” selon les candidats. Le tout ponctué par le traditionnel débat d’entre deux tours qui, s’il ne peut faire changer le vote d’un convaincu, peut en revanche décider d’une élection par une petite phrase ou une pose inappropriée en influençant la frange de votants indécis qui font les présidents depuis le début de la Vème république, exception faite de 2002.
Cette année, terminés les spots insipides remisés à des horaires où seuls les retraités sont devant leur poste. Au clou le débat Royal/Sarko qui, il faut bien l’avouer, a vraiment été d’une nullité rare, plombée par une candidate socialiste qui confondait invective et débat d’idée. Mais n’est-ce pas la marque de fabrique de la gauche que de ne pas laisser parler ce qui n’ont pas les mêmes opinions. Je le constate quotidiennement au travail.
Non, la campagne 2007 a été complètement révolutionnée par l’irruption d’un nouveau média dans le monde politique, à l’instar de la campagne des présidentielles des Etats-Unis en 2004 : internet.
Blogs, forums, sites des candidats, Youtube ou Dailymotion, newsletters, pour moi comme pour beaucoup de mes concitoyens, la campagne s’est déplacée des supports trop consensuels que sont la télévision et la presse généraliste vers ce formidable espace de liberté et de débat qu’est devenue la toile. D’ailleurs, les candidats ne s’y sont pas trompés qui ont investi ce nouveau média en passe de devenir la première source d’information dans le monde.
Alors, oui, j’ai bien sûr plus trainé ma souris et mon clavier vers les sites de droite, libéraux, conservateurs, souverainistes voire identitaires ou nationalistes. Rarement sur les sites de gauche… Je vais prendre comme excuse que je n’en avais pas trop le temps, ce qui est en partie vrai.
Je le disais également il y a quelques jours, quel bonheur grâce au net que de pouvoir assister en direct à certains meetings, de pouvoir les ré-écouter, les enregistrer. Quel bonheur également pour un bloggueur d’avoir à sa disposition des hébergeurs gratuits de vidéos ou d’images permettant les jours où l’on n’est pas “en plume”, où on n’a pas le temps, de faire passer une idée, une émotion ou juste une information par un simple post avec un avi ou un jpeg récupéré sur la toile.
Aujourd’hui, Nicolas Sarkozy est président. Au-delà des idées et de son charisme, sa victoire est aussi celle des moyens employés : modernes. Un site de l’UMP attractif avec une multitude de sites satellites tels www.sarkozy.fr dédié aux vidéos où je suis allé quasi quotidiennement ces dernières semaines, des clips de campagne “à l’américaine”, je dirais presque à la “Bush 2004″, exhortant les valeurs clés de sa campagne, globalement celles mises en avant également par le président américain il y a 3 ans.
Parmi ces images, clips ou discours de campagne, deux sont ressortis du lot. D’abord la “vieille” vidéo d’Expression Directe publiée sur ce blog la veille du premier tour, et puis le discours de Bercy dont son passage le plus émouvant m’a tout bonnement mis les larmes aux yeux.
Je suis naturellement méfiant. Je suis conscient que cet homme ne réalisera certainement pas tout ce qu’il a promis et je serais vraisemblablement en partie déçu. Mais quel espoir, quel souffle Nicolas Sarkozy aura pu mettre dans le coeur de ses partisans tout au long de cette campagne ! Cela, je ne l’oublierai jamais.
Et maintenant : au boulot ! Ensemble !